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Interview

Interview de Philippe Mignon

Nous avons interrogé notre Echevin de l'environnement sortant afin de connaître son avis sur les matières qu'il avait en charge ces 6 dernières années.

Vous avez été Echevin durant 12 ans à Chaumont-Gistoux en charge notamment de l'environnement. Après toutes ces années de "bons et loyaux services", vous avez décidé de ne plus vous représenter aux élections communales. Comment qualifiez-vous le travail de ARC ces 6 dernières années?

PM: Honnête, efficace et transparent.

Partez-vous avec le sentiment du devoir accompli?

PM: Oui, en sachant que personne n'est irremplaçable. Celles et ceux qui viendront à ma suite apporteront leurs sensibilités propres et c'est très bien ainsi.

Quelles sont les actions prises par le Collège en ce qui concerne les ondes électromagnétiques?

PM: Le collège a émis plusieurs avis négatifs concernant l’implantation de pylônes gsm. Selon moi, la prochaine majorité doit persévérer dans ce sens et continuer à sensibiliser la population sur le danger de ces ondes et marteler les conseils sur le bon usage des gsm, des téléphones sans fils dans les maisons, des installations wi-fi... Des actions ont déjà été prises en ce sens.

Comment lutter contre le passage des véhicules à moteur dans nos forêts? Des actions ont-elles été mises en oeuvre durant cette législature ?

PM: Les éco-cantonniers ont fait ce qu’ils pouvaient pour installer un maximum d’obstacles dans les bois pour lutter contre l’afflux des véhicules à moteurs. Je crois qu’il faudra mettre à contribution le service technique pour imaginer des obstacles plus grands et plus solides à installer en collaboration avec le service environnement. Pour ce qui est de l’application du fameux décret “sur la circulation en forêt” qui règlemente sérieusement cette matière, la Région wallonne a imaginé un texte parfait sans se donner les moyens (ainsi qu’aux communes) de le faire appliquer sur le terrain. Souvenons-nous de la fameuse opération commune police-DNF qui n’a rien donné à cause d’une “indiscrétion”...

Que pouvons-nous faire pour aider les agriculteurs à mieux tenir compte de l'environnement dans le cadre de leur activité?

PM: De nets progrès ont été réalisés dans cette matière grâce aux efforts de règlementation plus stricte et de sensibilisation plus large et plus ciblée de la Région wallonne, en collaboration avec les universités concernées (Gembloux et LLN). L’Afsca (avec la DPE de la Région) joue aussi un rôle non négligeable de police et de contrôle sur le terrain. Il faudra continuer à sensibiliser nos agriculteurs sur cette problématique.

Nous constatons encore des coulées d'eaux usagées dans certaines rues de la Commune. Avons-nous les moyens de lutter contre ces nuisances?

PM: Pour les coulées d’eaux usagées, l’agent constatateur est de plus en plus sur le terrain et son travail commence à porter ses fruits, nous sommes malheureusement fort démunis face à la lenteur de la justice (et quelques fois de la police) pour ces matières. En début de législature, une table ronde police-service environnement-service urbanisme-agent sanctionnateur... me semble indispensable pour fixer une fois pour toute qui fait quoi et déterminer une stratégie concertée d’intervention.

Et pour la qualité de l'air et des eaux de surface?

PM: La qualité de l'air est une question sur laquelle la commune n’a pas directement prise. La Région, le Fédéral et l’Europe sont aux premières loges (normes de rejets, politique de mobilité, directive Seveso...). La seule question qui est réglée par le règlement de police communal est le feu de broussaille et autre qui est strictement règlementé et passible de sanctions.

Pour la qualité des eaux de surface, le travail du Contrat de rivière de la Dyle est très concret et efficace. La qualité de ces eaux dépend aussi de la province qui consacre un budget au curage des rivières et du civisme des riverains des cours d’eau qui doivent éviter de jeter leurs déchets ou de déverser leurs eaux usées derrière chez eux (l’agent constatateur fait régulièrement le tour des endroits concernés pour sensibiliser les habitants avant de sanctionner).

La qualité des eaux s’améliorera d’autant plus que l’égouttage se complètera dans notre commune. On ne peut pas dire que Chaumont-Gistoux est fort gâtée à ce niveau. Un effort colossal devra être accompli les prochaines années en sachant que cela dépend surtout de la bonne volonté d’instances supérieures comme l’IBW, la SPGE, la Région wallonne...

La qualité des eaux dépend aussi des habitudes des agriculteurs qui sont sensibilisés à ce sujet par la Région, la commune devrait pouvoir aussi aborder ce sujet avec eux dans le cadre du groupe de concertation qui sera maintenu et réactivité la législature prochaine. La qualité des eaux est tributaire enfin d’autorisations que l’on donne à des industriels pour exercer leurs activités potentiellement polluantes. C’est le cas des futures sablières pour lesquelles nous n’avons obtenu aucune garantie de la Région wallonne alors que les avis des compagnies des eaux concernées étaient négatifs. Ce sera un des points prioritaires à aborder lors des discussions concernant le futur permis unique. Je sais que l'équipe ARC sera très attentive.

Des citoyens se plaignent également de certaines nuisances sonores dans notre Commune. La Commune de Chaumont-Gistoux a t-elle "la main" dans cette matière?

PM: Pour ce qui concerne les nuisances sonores, celles qui relèvent des relations de voisinage sont réglées par le règlement de police. D'autres concernent le survol des avions qui empoisonne la vie de nos concitoyens, les parlementaires brabançons nous promettent monts et merveilles depuis des années et nous mettions beaucoup d'espoirs dans l'arrivée d'un nouveau ministre. Il est clair que ce dossier nous dépasse largement. Au lendemain des élections, la conférence des nouveaux Bourgmestres du Brabant wallon devrait demander à être reçu rapidement par le Ministre WATHELET et commencer ainsi une pression qui devra aller crescendo si elle n'est pas prise au sérieux. A la belle saison, Corroy et Vieusart en particulier sont survolés par des ULM qui décollent d'une piste qui n'a aucune autorisation. Le propriétaire du lieu a été averti par lettre cet été. Ce devra être une des tâches de l'agent constatateur de sillonner ce secteur à cette période pour réprimer s'il le faut.

Quel conseil donnez-vous à ARC pour continuer son action dans ces matières?

PM: On en revient toujours à la même constatation, l'essentiel dépend du civisme de la population et du respect de l'autre d'où l'importance d'un sensibilisation ciblée et multiforme. A cet égard, ARC propose, dans son programme, des idées intéressante en matière de communication et de participation citoyenne.